François et ses copains à Nosy Be

Mai 2010
Quatre amis s’envolent de Mayotte pour Nosy Be
afin de réaliser chacun son rêve………..

 

Peut-être n’êtes-vous pas au courant de l’existence du Maoré Fi’shing Club, club de pêche sportive,
créé à Mayotte en Mars 2010 par un groupe de mordus de la pêche, et qui essayent de promouvoir
la pêche sportive de catch and release ? C’est suite à une de ces nombreuses réunions et assemblées,
qu’un mail était envoyé à tous les adhérents proposant deux places pour accompagner 2 adhérents
(voisins et amis) à Nosy Be, pendant cinq jours avec l’organisation du « Grand bleu ». Le programme
était alors assez vaste avec jigging, popper, palangrotte, dérive et bien sûr traîne, le tout sur un des
bancs ou plateaux autour de Nosy Be.
.
Ayant déjà été sur Nosy Be il y a plus de dix ans, je ne voulais pas manquer cette nouvelle occasion et
rapidement je pris contact avec l’association pour la réservation du billet d’avion. Samedi midi,
4 amis du Maoré Fi’shing Club s’envolent enfin pour 45 minutes de vol vers Nosy Be où
Guillaume du « Grand Bleu » nous attend pour nous expliquer le déroulement du séjour.

Premier jour, premières prises. 8 heures le lendemain, nous faisons connaissance avec le bateau et
l’équipage, Judi le cuisinier et Boubou le marin.
Nous voilà en route pour 4 heures, direction Ouest-Nord-Ouest. Enfin, plus que quelques
miles et le « Grand Castor » sera visible. Le « Grand Castor » se fait désirer mais dès que l’on
y arrive, il ne nous trahit pas, fidèle à ses promesses, voilà la première touche. C’est petit, cela saute,
cela se défend bien, « c’est une coryphène » nous dit Boubou. Je prends la canne, en stand up,
comme toutes les prises faites lors de ce séjour, et remonte sans trop de difficultés cette
coryphène qui sera parfaite pour notre dîner du soir. Guillaume nous cherche alors un bon coin
pour jigger. Mais entre le vent et les courants, difficile de bien se positionner et seulement
quelques petits capitaines, mérous et carangues bleues viendront récompenser notre acharnement.
La tombée de la nuit approchant, Guillaume se replace plus haut, plus loin, remontant le banc du
« Castor » par sa façade ouest. Une fois à l’ancre, nous nous remettons à jigger, puis, très rapidement,
3 d’entre nous optons pour une palangrotte. Cette soirée ne nous empêcha pas de réaliser de belles
prises comme les fameuses « madame tombée »,mais aussi des carpes rouges, des capitaines,
des mérous et des beaux requins.

Le lendemain, Guillaume décide de continuer à remonter le long du « Castor » vers le « Leven », de
faire prendre son premier voilier à Steve et son premier marlin à Olivier. Nous partons en traîne avec
2 cannes en 80 livres pour voilier, 2 cannes en 130 livres pour marlin, deux petites cannes pour les
bonites et ma canne à jig (tresse 80 livres) montée avec un ventre de bonite sur un leurre bleu et
blanc « Williamson ». Un voilier commence à pointer son rostre, excitation d’un leurre à l’autre, il joue
avec nos nerfs pendant bien 20 minutes, puis sur les conseils de Boubou, dès son retour derrière
mon leurre, je défais le pickup, laisse partir la tresse, resserre le frein, puis d’un coup sec,
rabats le pickup dans sa position initiale et « ferre » du mieux possible le poisson.
C’est parti, le voilier nous congratule de nombreux sauts. Un beau combat, 10 minutes de rush, la peur
de voir ma canne plier, craquer, puis je pompe, je mouline, je le ramène. 20 minutes de combat pour
quelques belles photos et puis le relâcher en pleine santé. On remet les cannes en traîne. Pas le
temps de partir bien loin, que nous nous faisons surprendre par un TGV. Un rostre vient de trancher
la surface de l’eau, touchant le leurre juste mis à l’eau, libérant le mou accroché au tanguon, cassant
le porte-canne acier en deux. Me voila plongeant avec Boubou pour récupérer la canne flottant à
l’arrière du bateau. Guillaume est en colère car les gros marlins sont assez rares, 6 ou 7 sont pris par
an sur son bateau. Hélas, il a emmené avec lui le leurre, cassé un porte canne. Olivier a vu son premier
marlin mais peut être pourra t-il en toucher un d’ici la fin de notre séjour. Guillaume distingue une
forte activité autour de nous et décide de se mettre à la dérive. 2 bonites entières sont placées
sur les 130 livres avec un ballon pour les maintenir à la surface. 2 autres bonites sont placées au fond
sur câble acier. Steve se remet énergiquement au jig. Stéphane peaufine sa technique. La 80 livres
part. Boubou ferre puis passe la canne à Stéphane. 10 minutes de combat pour voir arriver au bateau,
un super requin pointe blanche.
Olivier se charge de maîtriser un nouveau beau départ sur la 80 livres. Costaud comme il est, le poisson
a bien du mal à résister aux « pompages ». Finalement, il remonte assez facilement (10 minutes) une belle
loche de plusieurs dizaines de kilogrammes.



Nouveau départ, Steve toujours occupé à jigger, je prends la 80 livres. Beau combat, c’est un autre
requin pointe blanche. Trop de requins autour de nous, et après quelques jigs perdus (découpés) nous
nous remettons en traîne. De nombreuses touches viennent alimenter cet après-midi. De beaux
spécimens de wahoo seront gardés par l’équipage, les coryphènes seront relâchés ainsi que les
barracudas. Mais le plus beau allait venir pour Steve. Quelques touches de voiliers viennent nous exciter.
Steve se décide enfin à prendre l’initiative de ferrer. Il prend alors ma canne à jig, laisse jouer le voilier,
relâche le pickup, serre le frein, enclenche le pickup et ferre. Il y est, sauts, et sauts encore, la tension
du fil diminue, puis Steve ferre encore lors d’un saut, il y est toujours. Guillaume sauve la prise en accélérant
pour suivre le poisson lors de son second rush, les 250 mètres de ma tresse se retrouvant alors entre le
poisson et Steve. Il ne sautera plus mais résistera 35 minutes avant que l’on puisse le saisir au bateau.
Guillaume voyant la nuit tomber, décide de se positionner à l’ancre. Séance jigging, palangrotte et dérive
pour l’ensemble des pêcheurs, à chacun sa technique. Stéphane excellera dans la prise de capitaines et
carpes rouges, alors que Steve, Olivier et moi serons plus habiles avec les requins et les mérous.
La soirée se termine autour d’un bon repas préparé par Judi avec un morceau de wahoo.

Troisième jours, nous restons postés près du banc ou nous avions eu toutes les touches la veille. Beaucoup de
voiliers viendront jouer avec les leurres, mais c’est finalement un beau wahoo qui viendra se faire prendre,
et Stéphane n’éprouve aucune difficulté à le maîtriser. Quelques minutes plus tard, nous sommes toujours
suivis par un espadon voilier. Quelques tentatives de ferrage plus tard, le voilà pris sur la canne de
Stéphane. Un joli combat, de jolis sauts, un beau travail de Stéphane et voilà le poisson (30 kilogrammes)
relâché dans son élément.
Quelques dizaines de minutes plus tard, c’est à mon tour de me retrouver face à un espadon voilier. Bateau
arrêté,je fais le tour pour sauver la prise et éviter que ce dernier ne se prenne dans les gouvernails. Plus
petit, environ 25 kilogrammes, il ne me faudra que 10 minutes pour le ramener au bateau et le relâcher.
Fin de matinée, nous voyons une chasse de frégates. En approchant des oiseaux, nous avons un départ. C’est
un voilier sur une jupe bleu et banc de « Williamson ». Il se défend bien avec de nombreux sauts. Olivier
se charge de maîtriser les rushs, garder le contact avec le poisson, suivre la tension du fil. Il semble plus
beau que les derniers pris. Plus fûté aussi, cet espadon passera trois fois sous le bateau alors que Guillaume
était à moins d’un mètre de se saisir du bas de ligne. Puis finalement, le voilier se détache. Guillaume, voyant
l’activité autour de nous décide de rester moteurs coupés et de jigger. Après les nombreux capitaines et
mérous, ce sont les requins qui s’intéressent aux jigs. Nous en profitons alors pour manger et nous nous
remettons en traîne vers les chasses de frégates. Quelques minutes après, nous avons un nouveau départ,
c’est un beau wahoo que maîtrisera aisément Steve en 10 minutes. Puis un espadon voilier viendra
jouer avec nos leurres, bâbord-tribord, devant-derrière, difficile à se décider, pour finalement opter
pour la canne de Steve. Très beau rush avec de nombreux sauts. Steve travaillera cet espadon pendant
25 minutes, ne voulant pas épuiser le poisson et désirant savourer ce combat. Toujours en traîne, nous avons
deux départs simultanés, ce sont deux coryphènes dont seulement une arrivera au bateau. Puis ce sera au
tour de Steve de se mesurer à un thon à dents de chien de moins de 10 kilogrammes. Puis une carangue
Ignobilis d’une vingtaine de kilogrammes m’offrira un beau combat. Quelle activité autour de nous ! Nous
repartons plus près de la chasse avec les frégates. Soudain, pas une, ni deux mais bien quatre cannes font
simultanément siffler les moulinets. Chacun de nous prends alors une canne. 20 minutes plus tard, voilà le
premier thon à dents de chien, suivi par un autre du même gabarit soit environ 30 kilogrammes, le troisième
lâche à quelques mètres du bateau. Dommage que l’on n’ait pas pu ramener un quadruplé ! Mais pas le temps
de dire ouf que Steve est à nouveau au combat. La prise semble plus sérieuse : un thon à dents de chien de
plus de 40 kilogrammes.
L’heure se faisant tardive, nous nous postons pour la nuit. Après quelques coups de jig et de palangrotte
toujours aussi fructueuse en mérous, capitaines et requins, nous mangeons puis regagnons sans nous faire
prier nos couchettes respectives.

Quatrième jour, toujours de bon matin, le soleil se lève à peine que nous voilà déjà prêt pour la pêche. La journée
est beaucoup plus calme au niveau prise. La traîne du matin ne donne pas grand chose. Quelques barracudas
viennent se faire leurrer mais rien de bien gros. Nous entamons alors une séance de jig et de dérive. Stéphane
semble avoir une belle touche sur sa canne souple. Quelle surprise ! Un espadon voilier vient de prendre sur une
bonite en dérive. Stéphane est heureux et un super combat commencent. Le frein du moulinet est serré, puis
relâché, Stéphane gère la tension car la canne souple semble peu résistante face aux nombreux rushs de
ce voilier. Stéphane vient de passer 30 minutes autour du bateau, de temps en temps assis, d’autres debout,
pour finalement tous nous étonner en ramenant ce voilier de 25 kilogrammes au bateau. Pas le temps de savourer
ce moment que Stéphane est de nouveau au combat sur sa canne souple avec cette fois un requin pointe blanche
d’une trentaine de kilogrammes. Puis ce sera au tour d’Olivier de maîtriser un autre beau requin d’une cinquantaine
de kilogrammes. Après manger, nous repartons vers le sud du banc, et n’aurons alors que deux belles touches.
Un thon à dents de chien de 15 kilogrammes pour Steve et un espadon voilier pour moi. Le voilier sera ramené
aux abords du bateau puis dans un dernier coup de rostre arrivera à se défaire de l’hameçon. La nuit approchant,
nous abusons de notre dernière soirée pour jigger. Les mérous pris seront alors de tailles plus importantes.
Quelques spécimens de plus de 6 kilogrammes seront capturés puis relâchés. Nous utiliserons beaucoup les
jigs phosphorescents ce dernier soir mais sans plus de réussite.

Dernier jour et retour vers la terre ferme, Nosy Be. Nous traînons alors deux heures autour de la pointe sud
du Grand Castor avant d’entamer notre trajet retour. Pendant ces deux heures, nous attrapons 4 barracudas,
un certain nombre de bonites, mais surtout comme pour nous saluer, un bel espadon voilier de 40 kilogrammes.
Stéphane se chargera de ce dernier combat en 35 minutes, prenant le temps de savourer rush après rush, saut
après saut, ce fabuleux poisson qu’est l’espadon voilier. Quelques coryphènes sur le trajet retour et nous voilà
de retour à l’hôtel « le Grand Bleu ». Nous prenons alors le temps de remercier Guillaume pour son organisation
durant les cinq jours passés à bord de son catamaran de pêche et voilà ce formidable séjour terminé.

En conclusion, nous espérions prendre 4 poissons à rostres, nous avons atteint le score de 9 avec en moyenne une
dizaine de touches par jour. Nous n’avons certes pas attrapé de marlin mais l’activité durant ces cinq jours nous a
comblés avec toutes les différentes prises, thons à dents de chiens, wahoos, bonites, madames tombée, mérous
, requins, capitaines, carpes rouges, barracudas, coryphènes… et bien sûr les espadons voiliers.

François